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Sortie du DVD de Notre Monde

Notre Monde Notre Monde (2013, 119') un film de Thomas Lacoste
Rassemblant plus de 35 intervenants, philosophes, sociologues, économistes, magistrats, médecins, universitaires et écrivains, Notre Monde propose un espace d’expression pour travailler, comme nous y enjoint Jean–Luc Nancy à « une pensée commune ». Plus encore qu’un libre espace de parole, Notre Monde s’appuie sur un ensemble foisonnant de propositions concrètes pour agir comme un rappel essentiel, individuel et collectif : « faites de la politique » et de préférence autrement.
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© Passant n°19 [avril 1998 - mai 1998]
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Journal



Mars 98 aux urnes citoyen ! Régionales et des Cantonales font l'actualité, les candidats locaux attendent ton verdict. J'y suis allé déposer mon bulletin de vote, l'autre dimanche, et le résultat est là, et je n'y puis rien changer. La haine progresse dans le pays, les salauds ont encore grimpé au score, 15% sur le plan national. L'autre soir, présents plus que jamais dans tous les médias, ils déversaient habilement leurs arguments fallacieux, prenant soin de ne pas déraper, parlant de « préférence nationale », « de suppression de l'impôt sur le revenu », déguisant au mieux leurs visages de sales fachos. La semaine qui a suivie, en position d'arbitre dans de nombreuses régions, ils ont négociés activement leurs voies pour l'élection des Présidents des assemblées régionales, faisant élire ça et là 5 Présidents appartenant à l'UDF. Les libéraux ont montré ici leurs vrais visages, cette fois ils n'ont pas hésité à pactiser ouvertement avec la droite extrème. Il a même fallu que le grand Jacques s'en mêle du haut de son fauteuil présidentiel, pour leur donner la leçon et jouer au grand sage pour rappeler les valeurs fondamentales ; j'ai cru faire un cauchemar ! En entendant tout ça, soudain, je ne sais pourquoi, c'est vrai, une terrible angoisse m'a saisi. Je voyais distinctement devant moi, les visages triomphants de ces ordures en 2002, affichant leur satisfaction de constituer désormais le plus puissant parti de droite, leur leader à un ou deux points derrière celui de la gauche, (je ne pouvais imaginer le pire), préparant activement les législatives à venir et sautant sur la moindre occasion, la moindre faiblesse des forces de gauche, pour prendre le pouvoir. Depuis je dors mal, car je ne crois plus à un sursaut des forces démocratiques, enlisées dans leurs logiques d'appareil, grosses machines à produire des élus, à constituer de l'électorat. Que faire, alors ? pour endiguer la folie qui s'annonce ! que faire pour ne pas rester impuissant devant la catastrophe ? Croire encore, croire sans espérer, s'activer à la tâche, énergiquement et sans illusions.



Dictionnaire éthique



Croire, est le mot qui vient ici, qui s'impose comme un verbe fécond. C'est un chemin équivoque qui mène le croire du côté des vérités singulières, non définies à l'avance. Le croire convoque toujours ensemble rupture et continuité, progrès et catastrophe.



« Au moment où semble se dissoudre l'accord sur les principes constitutifs d'une unité nationale ou syndicale, d'autres facteurs assurent le relais, en particulier le profit que chacun tire du bon fonctionnement social. Dans cette hypothèse, l'entente, qui se fondait hier sur une conscience nationale ou sur la promotion du socialisme, se donnerait pour substitut (ou pour ersatz ?) un contrat visant les bénéfices que l'ordre seul assurera aux entreprises et aux individus. Il y aurait un mort (le patriotisme d'antan, ou la révolution originellement fondatrice), mais il serait encore utile. Les valeurs éventées, auxquelles on ne croit plus, deviendraient une rhétorique, vêtement d'apparat pour une solidarité (ou une complicité ?) d'intérêts particuliers. »



Michel de Certeau



Poème



s'apaise, la peine des jours, l'effroi quotidien, advient, le rêve bleu, le flamboiement nocturne.



Poésie Ensemble, comme l'impossible écrit, de l'expérience ultime, de la vérité faite corps.



La parole, venue légèrement à tes lèvres, tu diras le silence, l'improbable accord humain, tu noteras,



l'heure fidèle, l'humble version de ta joie ; alors tu pourras voir, l'éclat de l'ordinaire, la patiente nécessité d'être.


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