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Notre Monde Notre Monde (2013, 119') un film de Thomas Lacoste
Rassemblant plus de 35 intervenants, philosophes, sociologues, économistes, magistrats, médecins, universitaires et écrivains, Notre Monde propose un espace d’expression pour travailler, comme nous y enjoint Jean–Luc Nancy à « une pensée commune ». Plus encore qu’un libre espace de parole, Notre Monde s’appuie sur un ensemble foisonnant de propositions concrètes pour agir comme un rappel essentiel, individuel et collectif : « faites de la politique » et de préférence autrement.
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© Passant n°40-41 [mai 2002 - septembre 2002]
entretien de Noël Mamère par Thomas Lacoste
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Soigne ta gauche


Le Passant Ordinaire : Quel regard portez-vous sur la campagne présidentielle et, plus particulièrement, sur celle du parti

socialiste ? En conséquence, quelle analyse faites-vous des résultats des élections

présidentielles, de la déroute du PS et du PC, et des progressions de votre organisation et de l’extrême gauche ?



Noël Mamère : Le premier constat qu’on doit faire est que nous sommes face à une crise de la représentation politique. La droite parlementaire a perdu près de quatre millions et demi de voix, la gauche en a perdu près de deux millions ; donc, le vrai vainqueur de ce premier tour et peut-être même finalement du deuxième, c’est Le Pen. C’est une victoire par défaut qui montre combien le fossé s’est creusé entre les professionnels de la politique et les citoyens, qui ont à la fois le sentiment de l’impuissance du politique face à la mondialisation libérale et aux exigences de l’économie libérale, et un certain dégoût des pratiques politiques. Le second constat est que les gens se sont soit jetés dans les bras de Le Pen, qui n’est qu’un imposteur, soit réfugiés dans l’abstention, et ce sont ceux-là qui ont abandonné la gauche parce que celle-ci, en particulier les socialistes qui étaient majoritaires dans l’alliance plurielle, s’est acharnée à faire une politique en direction des classes moyennes en oubliant tous ceux qui n’ont pas bénéficié de la prospérité du pays et des victoires sur le chômage. Je pense en particulier aux travailleurs pauvres, qui sont toujours quatre millions dans ce pays, travaillant mais gagnant 535 † (3 509 F) par mois (le seuil de pauvreté monétaire tel qu’il est fixé par l’OCDE), et qui sont condamnés à survivre. Et parmi ces quatre millions de travailleurs pauvres, il y a une grande majorité de femmes qui sont obligées de subir le travail flexible imposé. Parmi ces gens qui se sont réfugiés dans les bras de Le Pen ou dans l’abstention, il y a aussi tous ceux qui relèvent aujourd’hui des minima sociaux. Il faut savoir que la France est le pays de l’Europe dans lequel les minima sociaux sont les plus bas. Il y a également tous ceux qui ont entre 20 et 25 ans, qui n’ont jamais travaillé. Ils ne bénéficient pas du RMI et se trouvent dans des situations de survie, offrant un terrain privilégié pour la délinquance et le système D.

20% des jeunes qui sont allés aux urnes ont voté pour Le Pen. Chez les jeunes, l’effrayant tiercé du premier tour, c’était : Le Pen, Jospin, Mamère. J’insiste, ce sont quand même 20% des jeunes votants qui ont d’abord voté Le Pen !

Ensuite, il y a tous ceux qui sont aujourd’hui dans une situation de survie : les un million cinq cent mille Français qui ne bénéficient pas de la CMU (la couverture médicale universelle), qui a pourtant été une bonne loi. Aujourd’hui, ceux qui sont au minimum vieillesse ou les handicapés qui bénéficient de l’allocation adulte handicapé n’ont pas le droit à la CMU, parce que leurs allocations dépassent de 9 † (57 F) le plafond de la CMU ! Et puis, il y a ces six millions et demi d’ouvriers ! On fait comme s’il n’y avait plus d’ouvriers dans le pays, mais la classe ouvrière reste majoritaire. Ce n’est plus la classe ouvrière comme on la définissait au début du siècle, ce sont des gens qu’on qualifie aujourd’hui comme tertiarisés : des spécialistes de l’entretien, des conducteurs d’engins, des chauffeurs routiers, des livreurs, des manutentionnaires du commerce, des gens qui travaillent dans les petites entreprises ou dans les services des grandes et qui sont souvent dans un environnement de type artisanal. Ceux-là sont soumis à la pression, à la fois de la clientèle et de leur patron. Ce sont des gens qui travaillent dans des postures pénibles et fatigantes. Leur sentiment de classe est peut-être dilué, mais ils constituent une majorité de ce qui est aujourd’hui l’essentiel du corps social. Et ils ont été non pas des bénéficiaires, mais des victimes des 35 heures. Autant les 35 heures représentent un plus pour les cadres et les classes moyennes, autant elles ont été une pénalisation pour ces travailleurs, pour ces salariés auxquels on a imposé le travail flexible et une plus grande productivité. Ajoutons à cet ensemble ceux qui pourraient être considérés d’ailleurs comme les ouvriers d’aujourd’hui : les infirmières, le personnel hospitalier… et c’est là qu’on voit le grand échec du PS. Celui-ci s’accompagne d’un dégât collatéral avec le PCF qui, en essayant de survivre à l’histoire, en voulant jouer à la fois le dehors et le dedans, n’a fait que s’enfoncer un peu plus dans la spirale de l’histoire, comme l’a montré le résultat catastrophique de Robert Hue. Il ne faut donc pas s’étonner que toutes les figures émergentes, en particulier dans la gauche radicale, je pense à Besancenot (mais Arlette Laguillier a fait quand même 5%) aient aujourd’hui un tel poids.

D’autre part, c’est vrai que les Verts sont pratiquement les seuls à avoir augmenté leur score et à avoir évité la débâcle de la gauche. Cela tient, je pense, à plusieurs choses dont une qui est à mon avis très importante. D’abord, les Verts ont fait une campagne de gauche. Je n’ai pas sombré dans le délire sécuritaire à la manière du PS, qui a quand même été capable de nous dire pendant la campagne que l’on pouvait réformer l’ordonnance de 45 – ce n’était plus « tabou » ! – alors qu’ a pour objectif de protéger les mineurs. Et je pense que droite et gauche, en surdéterminant le débat par le tout-sécuritaire, ont fini par donner raison à Le Pen. Elles ont débattu dans l’ombre portée de ce dernier. A l’immigration, qui était le thème dominant en 95, s’est substitué le thème sécuritaire, mais les ressorts sont les mêmes. Ce qui fait que, comme je le disais souvent, Le Pen n’avait pas besoin de parler, puisque Chirac, Jospin et Chevènement parlaient pour lui. Il ne faut pas s’étonner de ses résultats. En ce qui me concerne, j’ai toujours défendu l’idée d’une société ouverte contre une société fermée. Je suis aussi le seul, avec Besancenot et Taubira, à avoir beaucoup parlé de la mondialisation. Non pas pour la diaboliser, mais pour dénoncer les effets destructeurs de sa forme libérale et pour dire « Un autre monde est possible ». Et cet autre monde possible, moi j’y apporte des réponses, celles des écologistes (qui sont des mondialistes farouches, comme le prouve leur slogan « penser globalement et agir localement »). J’y ai apporté aussi la réponse de l’Europe, qui devrait être un rempart contre la globalisation libérale, si elle-même n’était pas infectée par le virus libéral.



Le résultat du premier tour des présidentielles a amené une grande partie des citoyens à se mobiliser et à prendre part dans le débat politique. Comment interprétez-vous cette repolitisation et selon vous quelles perspectives entrouvre-t-elle ?



La seule bonne nouvelle de cette catastrophe politique est effectivement le sursaut démocratique du pays et en particulier des jeunes qui, dès le 21 avril au soir, sont descendus dans la rue et nous ont donné une formidable leçon de civisme. Il faut d’ailleurs noter qu’une fois encore la droite est restée à l’écart de cette mobilisation, alors qu’elle en est la première bénéficiaire. La dernière fois que la droite est descendue dans la rue massivement, c’était en 1984, pour défendre l’école privée. On aurait pu espérer qu’elle se joigne à nous pour défendre les valeurs de la République. D’ailleurs, on s’aperçoit que le maire de Bordeaux et inspirateur de ce gouvernement n’a décidément rien compris au pays, puisqu’il n’a pas hésité à dire, il y a encore quelques jours, en pleine effervescence des jeunes, en plein soulèvement de la vie, que ces manifestations étaient « à côté de la plaque ». Franchement, j’ai le sentiment que c’est lui qui est à côté de la France.

Je ne regrette pas d’avoir appelé, dès le 21 avril au soir, à faire du 1er mai une grande manifestation de défense des valeurs de la démocratie. Je pense que c’est l’un des plus beaux 1er mai que nous ayons connu dans notre histoire.

Maintenant, il y a une exigence démocratique à laquelle nous devons savoir répondre. Je pense que la gauche, de ce point de vue, a une mission particulière. C’est la raison pour laquelle, dès le samedi 4 mai, nous avons organisé à la Mutualité, à Paris, le premier forum de reconstruction de la gauche, qui, évidemment, ne peut se limiter aux partis de gouvernement et aux appareils. Si l’on veut faire bouger le mammouth, il faut refonder, reconstruire la gauche par le bas et non par le haut. Avec tout ce qui constitue la vitalité de la gauche d’aujourd’hui, c’est-à-dire la génération de Seattle, la gauche mouvementiste, le mouvement social1… Car le mouvement social s’est beaucoup mobilisé lui aussi pour ce soulèvement de la vie et cette revendication démocratique. Donc, ce premier forum, qui a réuni dans l’après-midi entre 14h et 20h près de 1 500 personnes et auquel ont participé des personnalités comme Christophe Aguiton2, Pierre Khalfa3, Pierre Tartakowski, Jean-Baptiste Ayraud, Patrick Braouzec, Christiane Taubira…, des regroupements comme Act Up, qui étaient co-organisateurs, le forum de la gauche citoyenne, avec Gilbert Wasserman et Dominique Taddei etc., n’est qu’un point de départ pour d’autres forums qui devraient avoir lieu dans les grandes villes de province, des forums régionaux que nous avons intitulés « soigne ta gauche », nous inspirant du film de Godard.



Ce numéro sort à quelques jours des

législatives, comment les Verts vont-ils se positionner vis-à-vis de la gauche plurielle et plus particulièrement du PS ? Compte tenu de la confirmation des orientations clairement social-libérales du PS, pensez-vous possible de rester dans la gauche plurielle et dans le même temps espérer de celle-ci une recomposition au-delà de ses frontières actuelles ?



La gauche plurielle est morte et enterrée, elle a signé son acte de décès le 21 avril au soir. Aujourd’hui nous avons une nécessité : après avoir fait barrage à l’extrême droite, il faut empêcher la droite de casser un certain nombre d’acquis qui ne datent pas simplement des cinq années de gauche plurielle, mais qui sont des acquis historiques. Cette droite est en train de montrer son acharnement sécuritaire, son incompréhension des problèmes d’aujourd’hui. Il suffit de se référer aux dernières déclarations de Mme Bachelot sur le tout-nucléaire. Il suffit de voir la nomination de Mr Francis Mer, l’homme d’ARCELOR qui a liquidé 50 000 salariés et qui s’est battu contre la fiscalité écologique, un homme du Médef. Ou de Luc Ferry, ce philosophe de supermarché qui a écrit un brûlot sectaire contre les Verts… Donc, il suffit de voir la composition de ce gouvernement pour comprendre qu’il faut le combattre. Et le combattre, c’est se battre pour une nouvelle majorité parlementaire. Ce qui ne pourra se faire pour l’instant qu’avec les partis du gouvernement, puisque la LCR ne veut pas y participer4. Cela veut dire que la reconstruction de la gauche ne se fera pas en un mois. Et ce serait une erreur que de le faire croire aux Français.

Le PS a montré déjà depuis quelques jours, notamment dans sa version programmatique, que ce qui n’était pas bon pour lui avant le 21 avril le devenait après. Il a intégré pas mal de propositions des Verts qu’il avait rejetées, notamment sur la question des minima sociaux et sur le social en général. Mais on ne peut pas s’arrêter là. La reconstruction de la gauche prendra du temps. C’est ce à quoi nous nous attachons, parce que je pense que les Verts ont aujourd’hui une légitimité nouvelle pour mener à bien ce chantier. Parce que nous avons fait une campagne de gauche. Nous devons jouer un rôle charnière dans cette reconstruction. Il ne faut pas faire croire aux Français qu’un bricolage électoral suffira à les réconcilier avec la gauche, mais que la gauche doit procéder à son aggiornamento.

Si vous pensez possible et nécessaire une refonte de la gauche, selon vous, sur quelles bases pourrait se construire celle-ci, quels en seraient les préceptes, les axes forts ?



Je vois trois axes forts que j’ai déjà proposés. Mais d’abord, je voudrais faire un autre commentaire en disant que si la reconstruction de la gauche est nécessaire pour reconquérir cet électorat qui nous a abandonnés, elle est aussi nécessaire pour arrêter la progression du FN, car même si on l’a endiguée, on n’a pas extirpé le poison. Le virus est là, qui gagne du terrain. Le Pen a gagné des voix. Ce sont des voix d’adhésion et non plus des voix de protestation. D’autre part, quand on fait la somme des voix de l’extrême droite et des abstentions, on obtient 40%. Nous sommes dans une situation unique dans l’Union européenne et c’est là que le problème se pose à l’ensemble de la représentation politique.

Il faut s’attaquer maintenant à trois chantiers :

Le premier, faire de la lutte contre la précarité une urgence. Ce plan contre la précarité passe par une augmentation des minima sociaux, l’augmentation du plafond de la CMU, des sanctions beaucoup plus importantes contre ceux qui pratiquent le travail précaire, et enfin, par la remise à l’ordre du jour du plan Sueur, qui est resté dans les placards de la gauche et qui proposait ce que nous appelons, nous, le plan Marshall pour les banlieues, c’est-à-dire 20 milliards d’euros sur dix ans pour restructurer les banlieues, pas simplement en termes d’habitat, mais aussi en termes d’accompagnement.

Le deuxième chantier est celui des services publics : c’est faire de la lutte contre l’échec scolaire une priorité nationale, c’est recruter 10 000 éducateurs de rue dans les cinq ans, en renforçant tout ce qui concerne les politiques de médiation et de prévention ; c’est aussi recruter des magistrats pour pratiquer une justice de proximité, favorisant les peines de substitution, comme les travaux d’intérêt général, à condition que les jeunes soient suivis… C’est renforcer les services publics, faisant en sorte qu’ils aillent là où ils ont abandonné le terrain, où ils ne sont plus.

Et puis le troisième chantier c’est le chantier de la rénovation de la République, c’est-à-dire comment passer de la Ve à la VIe Répu-blique. Pour répondre à la deuxième crise, celle de la démocratie participative.

Les citoyens ont le sentiment que tout se passe au-dessus de leur tête et que, au fond, entre le cumul de mandats, les obstacles qui sont posés à la création de conseils de quartier et autres, rien n’est fait pour qu’ils participent. C’est malheureusement l’application de la phrase de Paul Valéry qui disait « l’art de la politique c’est de tout faire pour empêcher les citoyens de se mêler de ce qui les regarde ». Je renverse la phrase et je dis « la noblesse de la politique, c’est de tout faire pour que les citoyens se mêlent enfin de ce qui les regarde ». Si l’on veut qu’ils se mêlent enfin de ce qui les regarde, il faut changer de République et créer les conditions de la démocratie participative, que la représentation politique soit le reflet de la diversité sociale de ce pays, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Il y a une partie du PS qui est prête à cette restauration de la République, je pense à Montebourg. Au-delà de la gauche de gouvernement, il y a cette volonté. Ensuite, il y a tout ce qu’on peut décliner : la réforme de la PAC, qui doit être axée sur la maîtrise de la production et sur la démarche de qualité, la souveraineté alimentaire, la suppression de la dette des pays du Tiers Monde, la nécessité de mettre en œuvre une loi cadre d’aide au développement, l’interdiction des OGM et du brevetage du vivant, la nécessité de mettre en place une politique de diversification énergétique et, notamment, la sortie progressive du nucléaire, sur 25 ans, comme l’ont décidé les Allemands et les Belges, la loi d’initiative citoyenne qui oblige, lorsque 500 000 français sont d’accord sur un sujet qu’ils veulent voir examiné par l’Assemblée, celle-ci à s’y atteler (on peut prendre comme sujet la politique énergétique, qui n’a jamais été débattue devant le pays)… C’est remettre aussi sur le métier la question de la régularisation des sans-papiers, de l’abolition de la double peine, du vote des étrangers et des immigrés dans les élections locales, ce que j’avais proposé à l’Assemblée… sans suite ! C’est faire que la gauche soit enfin la gauche et qu’elle ne renonce pas à ses valeurs, car chaque fois qu’elle va sur le terrain de la droite, elle perd.

Le chantier est grand, c’est pourquoi, il ne faut pas laisser passer ces législatives qui sont très importantes puisque nous avons été privés de débat, car entre le premier et le deuxième tour on s’est battu pour endiguer l’extrême droite. C’est la victoire des Français, pas de Chirac, cela est clair. Chirac, sur son nom et sur son programme, n’a fait que 19%, c’est-à-dire le score le plus faible pour un président de la République sortant. Et, paradoxalement, malgré son score de maréchal, la fonction de président n’a jamais été aussi affaiblie qu’aujourd’hui. Et Chirac lui-même n’a jamais été aussi faible. Donc, c’est maintenant que le vrai débat commence. Qu’on ait un débat entre la droite et la gauche et que l’on retrouve le clivage. Je sens une envie des électeurs et des militants de gauche, je l’ai sentie évidemment à Paris à la Mutualité, mais je l’ai également sentie lorsque j’ai organisé un forum à Talence avec les Verts et où c’était plein à craquer. On a été obligé de pousser les paravents au bistrot Jonathan. Les gens ont envie de parler, ils ont le sentiment qu’il n’y a pas de fluidité dans la parole entre nous et on sent une énorme frustration.

La seule chance de la gauche, aujourd’hui, est que ses électeurs sont plus intelligents que ses appareils ! Mais si elle se contente de se rénover entre notables et par le haut, elle n’y arrivera pas. Je ne suis pas sûr qu’aujourd’hui la gauche ait parfaitement entendu le message des Français. Il ne faudrait pas que les réflexes d’autodéfense et de survie l’emportent sur la nécessité de se restructurer.



Noël Mamère*

Propos recueillis par Thomas Lacoste

* Candidat aux présidentielles, député-maire de Bègles.

(1) Lire l’interview de José Bové dans ce numéro.
(2) Lire l’interview de Christophe Aguiton dans ce numéro.
(3) Lire l’article de Pierre Khalfa dans ce numéro.
(4) Lire l’interview de Daniel Bensaïd dans ce numéro.

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