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Notre Monde Notre Monde (2013, 119') un film de Thomas Lacoste
Rassemblant plus de 35 intervenants, philosophes, sociologues, économistes, magistrats, médecins, universitaires et écrivains, Notre Monde propose un espace d’expression pour travailler, comme nous y enjoint Jean–Luc Nancy à « une pensée commune ». Plus encore qu’un libre espace de parole, Notre Monde s’appuie sur un ensemble foisonnant de propositions concrètes pour agir comme un rappel essentiel, individuel et collectif : « faites de la politique » et de préférence autrement.
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© Passant n°40-41 [mai 2002 - septembre 2002]
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Rhondda Riviera (1)


Kenny Ibadulla n’aimait pas s’occuper du côté vente au détail de son bizness. Trop risqué, et en plus il fallait se fader les clients. Déprimant. De temps à autre, il fallait bien pourtant que le big boss mette la main à la pâte. C’est ce qui arriva le jour où il fut contacté par un des employés de Roger Hooper pour une commande en très gros. Kenny était bien placé pour savoir que de nos jours, toutes sortes de gens consomment de la coke, mais quand même, Roger Hooper, le magnat de la finance gallois, ce n’était pas du menu fretin.

Kenny décida donc de gérer lui-même le compte. Tout se passait très bien. Les deux premières fois, au nouveau complexe de golf ouvert par Hooper à Bridgend Way, près du centre commercial, il n’eut affaire qu’à une espèce de sous-fifre. La troisième fois, il poireautait là-bas dans les bureaux, un truc très classe, le problème n’était pas là, quand Roger Hooper lui-même débarqua, look décontracté, Levis, polo, et pour ne pas qu’on oublie qu’il était friqué, une super Rolex m’as-tu-vu au poignet.

Kenny avait pigé dès le début. Hooper était du genre à aimer traîner de temps à autre avec la racaille, mais Kenny laissa passer parce que lui, c’était pareil. Si Hooper aimait frayer avec la pègre, lui, il aimait frayer avec les millionnaires qui spéculaient en devises. Il y avait un truc qu’il savait, c’était que pour se faire plein de thunes il fallait arrêter de dealer petit bras et jouer à la bourse, c’est ça qui rapportait.

Ils se virent donc deux trois fois et puis, l’air de rien, Roger proposa :

- Tiens, si on se faisait un golf ?

- Bien sûr, répondit Kenny, ça fait toujours du bien de prendre l’air.

Ce n’est que sur le chemin du retour vers Butetown que Kenny réalisa qu’il y avait un hic. Il ne savait pas jouer au golf. Il ne s’en faisait pas trop, il avait toujours été bon en sport. En principe, ça ne devait pas poser de problème majeur. Sauf qu’avant de faire un parcours avec ce fameux Roger Hooper, il ferait mieux de se familiariser avec les principes de base. Première étape, se dégotter un caddie. Ça demandait réflexion, vu que la plupart des mecs qui travaillaient pour lui feraient tache au complexe Rhondda Riviera. À vrai dire, Kenny passa chez les books, à la recherche de Col, et en voyant Mikey Thompson baratiner la caissière, il sut qu’il tenait son homme. Mikey, court sur pattes, avait la gueule de l’emploi et la tchatche qu’il fallait et, en plus, il était à l’aise dans tous les milieux. Alors Kenny lui demande si ça lui dirait de se faire cinquante livres en un après-midi de boulot, Mikey dit ouais, bien sûr, qui faut-il que je bute ? Kenny éclate de rire comme on fait toujours avec Mikey. T’inquiète, on va juste jouer au golf. Et ce fut au tour de Mikey de se marrer : elle était bien bonne.

Mais non, Kenny ne blaguait pas du tout et une demi-heure plus tard, les deux étaient dans le méga American Golf shop, là-bas à Ely. Ça faisait toujours rigoler Kenny qu’à Ely, il y ait en tout et pour tout deux boutiques, une de téléphones portables, bien sûr, et une de golf. Peu importe, à chaque fois qu’ils débarquaient là-bas, c’était un autre monde.

- Que puis-je pour vous ? fit le gérant, mal à l’aise comme la plupart des gens en voyant Kenny.

- Je veux me mettre au golf.

Et le type en poussa quasiment un soupir de soulagement.

- Vous êtes venu au bon endroit, Monsieur, commençons par les clubs.

Le type montra à Kenny le mur où étaient alignés les clubs de golf et demanda à Monsieur combien il souhaitait dépenser. Kenny n’en avait pas la moindre idée, mais ses yeux tombèrent sur un set de bois Wilson initialement à cinq cents livres vendus à moitié prix.

- Qu’est-ce que vous pensez de ceux-là ?

- Très bon choix, Monsieur, fit le type qui l’emmena au fond du magasin où se trouvait un mini-practice. Il lui tendit un club et Kenny frappa dans la balle avec une telle férocité que le gus ne put s’empêcher de faire un pas en arrière.

- Ouais, ça ira très bien.

Tandis que Mikey chargeait l’équipement dans la Jeep, ce lèche-cul de gérant les suivit parce que Kenny avait sorti une imposante liasse de billets de cinquante pour le régler.

- Bien, chef, dit alors Mikey. On va où maintenant ?

Kenny haussa les épaules.

- J’en sais rien. T’en connais des parcours de golf, toi ?

Mikey fronça les sourcils puis sourit.

- Ouais, Ken. J’ai juste ce qu’il te faut.

Dix minutes plus tard, au volant de la Jeep, Kenny était au nord de Cardiff, il traversait Tongwynlais et Castell Coch, la campagne proprette, Mikey lui parlant d’une fille de Whitchurch qu’il avait sautée, qui aimait bien l’y emmener en voiture pour être à l’abri du mari. Ils arrivèrent au sommet du mont Caerphilly et se garèrent dans un truc qui s’appelait le parcours de golf de Castell Heights.

Pendant les trois heures suivantes, Kenny travailla son swing. Il mit trente-cinq coups à jouer le premier trou et, honnêtement, Mikey craignit pour sa vie en voyant la tête que tirait Kenny après avoir raté son douzième putt. Mais, peu à peu, à force de volonté, Kenny prit le coup. Au neuvième trou, il réussit le par. Il était si content de lui qu’il fila à Mikey cent livres au lieu des cinquante convenues.

- C’est bon, Mikey. Je passe te prendre vendredi à onze heures. On va au Rhondda Riviera.



Sur l’aire de départ, devant le Club House, le Parthénon en miniature, Roger Hooper présenta Kenny aux deux autres types qui allaient constituer le foursome.

- Je t’ai raconté que j’allais investir dans le cinéma, Kenny ?

- Non, répondit Kenny, un instant distrait par le rayon de soleil frappant la Rolex de Hooper.

- Oui, en fait on commence juste à bosser sur notre premier film. Un film d’action. Tu ne devineras pas de quoi ça parle ?

- Pas la moindre idée, répliqua Kenny, qui avait retrouvé ses esprits.

Lui qui avait toujours un peu fantasmé de se lancer dans le cinéma, il allait jouer au golf avec des gus qui en faisaient pour de vrai. Ça, c’était le genre de vie qu’il se verrait bien mener, au lieu de devoir se fader des dealers à la petite semaine qui se la jouaient Yardies de Birmingham alors qu’ils sortaient de Llanrumney.

- Bon, expliqua Hooper, ça parle d’un homme d’affaires prospère qui mène une double vie. Une sorte de super justicier dans la ville, au service des honnêtes gens, qui pourchasse les gros bonnets de la drogue et les chefs de gangs.

- Ah bon… opina Kenny, essayant de ne pas rire.

- C’est cela même, et ces deux messieurs ici présents sont les producteurs qui vont transposer mon histoire à l’écran, Jason Lowndes et Simon Disolo. Jase, Simes, je vous présente Kenny Ibadulla… (Hooper s’accompagna d’un geste ample du bras.) Le plus gros trafiquant de drogue du sud du Pays de Galles.

Kenny n’en croyait pas ses oreilles. Dans son monde, on ne criait pas sur tous les toits ce qu’on faisait dans la vie.

- Un homme d’affaires, Roger. Je suis un homme d’affaires.

Roger fit un clin d’œil à Jason et Simon.

- Mais bien entendu, Kenny. Bien entendu.



Kenny était fumasse. Au bunker près du huitième green, les veines du cou saillantes, il attendait que Mikey lui passe le sandwedge.

- Du calme, patron, dit Mikey. Te laisse pas prendre la tête par ces connards.

Quand les potes de Hooper ne parlaient pas à Kenny dans ce qu’ils croyaient être la langue de la rue, ils frimaient sur le monde du cinéma et disaient à tout bout de champ qu’ils revenaient juste de « la côte Ouest ».

- Ah ouais, fit Mikey, du Pembrokeshire ?

- Non, rétorqua l’un des gus, celui qui s’appelait Simon, de L.A..

- Ah bon, commenta Mikey, ravi de l’apprendre, j’me disais qu’on tournait pas des masses de films dans le Pembrokeshire.

Les deux types se regardèrent, se demandant si Mikey était neuneu ou s’il les embrouillait. Ils n’auraient pas dérangé Kenny tant que ça s’ils n’avaient pas été en train de gagner. S’il y avait un truc que Kenny ne supportait pas, c’était de perdre en sport, quel qu’il soit. En plus, dans son type de boulot, c’était surtout grâce à sa présence physique qu’il en imposait. Et maintenant il perdait devant des gringalets prétentieux qui, en temps normal, auraient dû chier dans leur froc en le voyant.

Non, Kenny n’était pas content en fixant la balle qui restait obstinément dans le bunker. Il souleva le wedge derrière sa tête puis expédia un swing rageur qui provoqua une tempête de sable de taille respectable et fit avancer la balle de cinquante bons centimètres.

Kenny resta cloué sur place, quasiment en train d’hyperventiler, Mikey bien en retrait, hors de portée du swing. Puis quelqu’un cria « gare devant », une autre balle venant de nulle part atterrit dans le bunker et, un instant plus tard, le dénommé Simon apparut.

- Oh, dit-il, t’es ici, toi aussi. Pas de bol, mon pote.

En un bond, il était dans la fosse de sable. Sa balle était nettement plus mal placée que celle de Kenny, juste à côté de la lèvre du

bunker.

- Dis donc, mon pote, dit-il au bout d’un instant. Ça te dirait d’intéresser un peu le jeu ? À celui qui sera le plus près du drapeau ?

- D’accord, accepta Kenny, pour ne surtout pas perdre la face devant ce crétin. Qu’est-ce que tu proposes ?

Simon haussa les épaules.

- Oh pas grand-chose. Disons cent livres. (Il fit une pause et se tapota une narine.) Ou un gramme de ce que tu as de meilleur, si c’est plus simple pour toi.

Incrédule, Kenny dévisagea le gus. Est-ce qu’il pensait vraiment que lui, Kenny Ibadulla, se baladait avec une flopée de képas de coke, histoire de se faire serrer comme un con. Pour qui il le prenait ? Pour une petite frappe ?

- Cent livres, ça ira.

Sa balle étant un peu plus loin, Kenny joua le premier. Là encore, il donna tout ce qu’il avait, envoya encore du sable partout mais cette fois, la balle décolla, retomba – alléluia ! – sur le green, à moins de trois mètres du drapeau, et se dirigea vers celui-ci.

- Bien joué, patron, le félicita Mikey alors que la balle faisait mine de dropper. Mais elle reprit de la vitesse et ne s’arrêta que deux mètres après le drapeau. Toujours est-il que Kenny ne pouvait espérer mieux.

- Joli coup, Monsieur, fit le Simon, affichant un air perplexe.

Puis prenant son sandwedge, il dégagea sans effort la balle du bunker et la fit retomber sur le green à trente centimètres du drapeau. Kenny tendit les cent livres sans un mot. Le même scénario se reproduisit grosso modo au trou suivant, sauf que cette fois-là c’était à qui s’en approcherait le plus au putter et que c’était Jason, et non Simon, qui avait misé. N’empêche qu’au final, idem : Kenny se sentit tout con en lâchant cent livres de plus. Et Jason qui se tapotait pareil la narine pour suggérer qu’un paiement en nature serait tout à fait accepté. Humour, humour.

Finalement, quand ils se retrouvèrent au dix-huitième tee, ce fut au tour de Roger Hooper lui-même de proposer un dernier pari.

- Qu’est-ce que vous diriez, les gars, d’un petit bonus à celui qui réussit le drive le plus long. Sûr qu’avec un type de la carrure de Kenny on est mal barrés, mais sait-on jamais… Qu’est-ce que vous en dites ? Mille livres chacun et le vainqueur ramasse le pot ?

Jason et Simon, les deux guignols du cinéma, acquiescèrent en souriant. Ils se tournèrent tous les trois vers Kenny.

- Ça te va, frangin ? demanda Jason.

Kenny ravala l’envie qu’il avait de lui casser la gueule pour l’avoir appelé « frangin » et se força à sourire.

- J’sais pas… une brique… Ça vous dérange pas que je paie en nature, hein, les mecs ? dit-il en se tapotant la narine.

Les pieds nickelés sourirent de toutes leurs dents.

- Pas du tout, dit Hooper. Ça ira.

Ils tirèrent au sort l’ordre de passage. Simon se retrouva premier, Kenny troisième, Hooper dernier.

Le drive de Simon s’envola. Roger Hooper – en voilà un autre qui n’aimait pas perdre – retint son souffle tandis que la balle n’avait pas l’air de vouloir redescendre, mais elle toucha terre, rebondit sans pitié à gauche et continua sur le rough à l’extérieur du fairway.

- Pas de bol, mon vieux, fit Hooper. Essaie de rester sur le fairway la prochaine fois.

Simon grimaça, faisant de son mieux pour avoir l’air du type qui s’en fout. Jason joua et Kenny constata que ce qui était arrivé à la balle de Simon l’avait travaillé. Jason attaqua la balle un peu moins fort que d’habitude, se concentrant pour qu’elle reste sur le fairway, et elle arriva bien en face mais loin derrière celle de Simon.

Hooper sortit un gadget électronique de sa poche, avec lequel il mesura la distance parcourue.

- 171 mètres, Jase, dit-il. À quelque chose près. Ça ne va pas intimider beaucoup Kenny. Pas vrai ?

Kenny avala, ça faisait des lustres qu’il n’avait pas été stressé comme ça. Mikey lui tendit un bois, il avança vers la balle, se mit rapidement à l’adresse, puis décocha son plus puissant swing. S’il avait manqué la balle, il se serait probablement froissé tous les muscles au-dessus de la ceinture. Mais il ne la manqua pas. Il la frappa square, elle retomba sur le fairway, aussi loin que celle de Simon. Kenny retint son souffle en la voyant rebondir, mais contrairement à la balle de Simon il rebondit tout droit. La balle roula encore quarante-cinq mètres avant de s’immobiliser, légèrement à gauche du centre du fairway.

Hooper haussa les sourcils puis refit marcher son gadget.

- 225 mètres, Kenny. On dirait que tu vas rafler la mise.

Hooper trahit sa désinvolture de façade en mettant un temps infini à choisir un club. Il finit par sortir un bois que Kenny n’avait encore jamais vu, à manche en titane.

- Bon sang, Roger, fit Simon en le voyant, je croyais que seul Tiger en personne en avait un comme ça.

- Hmm, fit Hooper. En fait, Earl, tu sais, le père de Tiger… m’en a lui-même fait cadeau un jour où l’on jouait à Valderrama.

Ça lui coupa la chique, net, et donna aussi à Kenny le temps de réfléchir. Comme de bien-entendu, Roger Hooper marcha vers sa balle, l’air super cool, effectua son swing. La balle sembla parcourir des kilomètres en l’air, encore et encore, elle ne rebondit la première fois qu’après celle de Jason puis dépassa tranquillement celle de Kenny avant de finir par s’arrêter.

- 247,50 mètres, annonça Hooper en consultant son joujou, nouveau record du parcours, je dirais. Allez les gars, passez la monnaie.

Jason sortit son chéquier et rédigea un chèque. Simon retira le montant de sa liasse de billets de cinquante livres. Roger Hooper se tourna vers Kenny.

- Tu as dit que tu préférais payer en nature. Voyons, dix grammes, ça te paraît raisonnable ?

Kenny leva les sourcils.

- Pour toi, Rog, je peux bien faire un effort. Disons, vingt grammes.

- Tu es trop bon…

- Pas de problème, l’assura Kenny. Mikey, passe-moi une balle. Tu sais, une spéciale.

Mikey lui jeta un regard interrogateur, fouilla dans le sac et en sortit une Titleist flambant neuve. Kenny la prit, l’examina ostensiblement puis la tendit à Roger.

- Et voilà vingt grammes. Un conditionnement tout ce qu’il y a de plus sûr. Une petite idée qui m’est venue la dernière fois que je suis passé chez toi, Rog.

- Bien vu, frangin, répondit Roger en la prenant.



Dans la Jeep qui les ramenait à Butetown, Mikey se tourna vers Kenny.

- Tu m’avais pas dit que t’avais mis du matos dans les balles de golf, Ken.

Kenny quitta un instant la route des yeux pour examiner Mikey.

- Mikey, parfois je me pose des questions sur toi. (Il s’interrompit puis continua.) Tu sais ce qu’ils y mettent, toi, à l’intérieur des balles de golf ?

Mikey fit non de la tête, un sourire s’étalant sur son visage.

- Moi non plus, mon petit Mikey. Mais ce dont je suis sûr, c’est que je voudrais pas le sniffer.

Au Club House de Rhondda Riviera, assis autour d’une table du salon VIP, Roger, Jason et Simon étaient arrivés à peu près à la même conclusion.

« John Williams est né en 1961, il vit et travaille à Cardiff. Il n’a aucune intention de se mettre au surf. » dixit la quatrième de couverture de son premier ouvrage traduit en français par Christine Raguet-Bouvart, Cinq pubs, deux bars et une boîte de nuit (l’esprit des péninsules, 2001). Huit lieux pour huit nouvelles ou chapitres, où vous retrouverez à Butetown, un quartier chaud de Cardiff, Kenny Ibadulla, Mikey Thompson, Col et les autres.
« John Williams pourrait former un trio littéraire avec Colin Bateman et Irvine Welsh… c’est le monde de la drogue, des docks et de la prostitution, d’une culture qui appartient pour moitié à Cardiff, pour l’autre aux Caraïbes… » ajoute Nicholas Blincoe, écrivain et journaliste à The Observer et auteur d’Une simple question d’excédent de blé (Série Noire, Gallimard).
John Williams et Nicholas Blincoe seront tous deux présents au Festival Noir-Ouest à Bordeaux du 14 au 16 juin 2002 organisé par le Passant Ordinaire. Lire programme dans ce numéro.

(1) Nouvelle inédite en France.

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