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Notre Monde Notre Monde (2013, 119') un film de Thomas Lacoste
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© Passant n°44 [avril 2003 - mai 2003]
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Désir de vacances et délit de présence


Chaque été amène sur les plages de la Méditerranée ses déferlantes de vacanciers. Parmi eux, on trouve depuis le début des années 80 et les premières opérations « anti-été chauds » (dites « Opération Prévention Eté » – OPE, puis « Villes Vie Vacances » – VVV) quelques petits groupes de jeunes venus des banlieues des grandes métropoles françaises qui ont été incités au départ dans certains cas, ou ont pris l’habitude de venir dans d’autres cas sans rien demander à personne, suivant ainsi les traditions estivales des couches populaires salariées. Quoi qu’il en soit, ces jeunes, pour la plupart âgés de 15 à 25 ans, ne passent pas inaperçus. Ils dérangent et inquiètent. Comme on ne se retient pas de le leur faire comprendre, ils réagissent et contestent ces verdicts d’illégitimité, jusqu’à se venger, parfois, de l’opprobre qu’ils estiment subir. Face à eux défilent tous les autres groupes sociaux, qui, eux, s’estiment là-bas chez eux : des commerçants aux élus, sans oublier… tous les autres vacanciers. Certes, les tensions qui en résultent sont sans commune mesure avec la situation la plus ordinaire des « quartiers difficiles » d’où sont originaires ces jeunes. Mais transportées hors des lieux bien circonscrits des « problèmes urbains », les tensions en sont d’autant plus vives et acerbes.



Latentes, les confrontations ont été croissantes jusqu’en 1995, où elles ont atteint leur paroxysme. Cette année-là en effet, la préfecture des Pyrénées-Orientales nous a confié la réalisation d’une petite étude destinée à mieux cerner les raisons et les modalités de la venue de ces jeunes, leur nombre, ainsi que la réalité des problèmes posés. Nous avons été trois enquêteurs de la mi-juillet à la fin août, travestis en jeunes estivants, notamment lors des phases d’observation, qui avons essayé de répondre à cette commande à visée très concrète.

Nous avons procédé par entretiens auprès de jeunes de toutes provenances, mais aussi d’estivants, de commerçants, d’élus, de gendarmes, de policiers municipaux, etc. Nous avons aussi, et surtout, procédé par observations et observations participantes. Nous avons ainsi passé des heures et des heures, parfois même des jours et des nuits, à observer des situations et des phénomènes dans des lieux spécifiques, choisis selon ce qui nous avait été dit lors des entretiens : lieux de centralité touristique tels que certaines places publiques, certains établissements de nuit, certains campings avec piscines, certains commerces comme des supérettes de bord de plage ou des loueurs de scooters ; mais aussi lieux discrets d’invisibilisation, de mise à l’écart ou de retrait momentané, aux fins de repli.



Nous avons aussi passé plusieurs jours avec des groupes de jeunes, installés avec eux dans les mêmes campings, nous mêlant à eux. Les campings disposent de sortes de coins de relégation où sont affectés ordinairement les jeunes seulement pourvus de petites tentes. Ces petites aires de promiscuité facilitent l’établissement de relations conviviales, voire solidaires. Elles facilitent aussi l’observation… Nous avons ensuite reproduit cette approche en 1996 et 1997, afin de dégager des enseignements qui ne soient pas seulement propres à un été particulier.



C’est ainsi que nous avons pu constater que quand la galère des banlieues vient s’échouer sur la plage, le désir de vacances tourne souvent au délit de présence.



Si ce désir de vacances est très largement partagé, tout le monde n’y a pas accès de la même manière. Il y a, bien entendu, les questions financières qui filtrent l’accès aux loisirs de consommation, mais, sans même évoquer le rôle de l’économie informelle et la distribution de biens illicites, le prix de la baguette de pain ne varie pas considérablement d’un lieu à l’autre et l’accès à la plage reste gratuit. En revanche, tous les codes sociaux, jusqu’aux micro-rites d’interaction, qui peuvent coïncider avec les diverses formes de racisme ordinaire, déterminent fortement les conditions d’accès à ces lieux de vacances selon toutes apparences indistinctes.



La présence de ces groupes est très fortement remarquée et très mal ressentie. Elle l’est tant par les estivants traditionnels que par tous les acteurs du dispositif d’accueil touristique. Elle l’est aussi par les autres jeunes, autochtones ou estivants venus d’autres régions françaises ou d’Europe du Nord. Immédiatement visible, cette présence tend à modifier la perception que les gens ont de « leurs » stations et, par voie de conséquence, brouille également la perception de soi et de son propre rang social. Pour contenir une dépréciation si inattendue, une ségrégation s’est vite organisée et institutionnalisée, fondée sur des modalités de filtrage qui évoluent et s’affinent d’année en année. Ne pouvant néanmoins s’organiser en une mise au ban collective de ces jeunes « d’ailleurs », ni en leur refoulement « chez eux », cette ségrégation n’empêche rien, ou si peu, et a pour effet majeur l’exacerbation et la visibilisation des rancœurs réciproques.



La question de ces jeunes banlieusards qui fréquentent les stations balnéaires ne peut pas s’appréhender indépendamment du contexte local. Le contexte est toute l’histoire des lieux, des familles et des formes enracinées dans quatre générations de bénéficiaires des congés payés, pour qui « vacances » riment, encore et toujours, par reproduction des habitudes de loisir, avec « plages » (sea, sex, sun…). Mais le contexte, c’est aussi l’ensemble des autres groupes sociaux présents sur les stations, qui ont au fil des années établi la « demande » légitime en matière d’offre de services et de biens de loisirs.

Les jeunes banlieusards sont stigmatisés pour leur façon d’être, et leur façon d’être ensemble. Façon d’être, parce qu’ils sont détenteurs d’une culture propre qui est très marquée, qui transparaît aisément et qui agit autant comme marqueur identitaire revendiqué que comme déclencheur de la stigmatisation et de l’exclusion. Façon d’être ensemble, parce que jamais seuls, toujours en groupe, des groupes fortement visibles qui sont perçus comme des bandes, en en ayant conscience et en en jouant : le caractère inquiétant de la bande est une garantie de protection. Même si le commerçant ou tout autre interlocuteur est choqué, interloqué ou inquiet face au groupe qu’il a en face de lui et face à la manière dont on s’adresse explicitement ou implicitement à lui, il hésitera sur le moment à réagir ouvertement par crainte de représailles immédiates.



Ces façons d’être et d’être ensemble sont stigmatisées autant pour le désagrément objectif qu’elles engendrent que pour les références et représentations qu’elles véhiculent : c’est toute la banlieue, le chômage, la délinquance, la toxicomanie, la violence qui viennent perturber « l’idylle » balnéaire. La vision du banlieusard évoque tellement de négativité, et de négativité proliférante et menaçante, qu’on préfère la bannir : aussi, leur simple présence, voire leur simple aspiration à la présence, les font répondre d’un délit de présence. Etre là les rend de facto comptables de ce délit immanent. Ils font ainsi face à mille juges du quotidien, à tous les gardiens plus ou moins institués de l’accès aux loisirs. Et si le videur de boîtes de nuit incarne la figure paradigmatique de gardien des lieux, ce sont chaque jour tous les regards ou les remarques faites à voix basse qui prononcent les sentences silencieuses d’opprobre et de rejet. D’un lieu de loisirs et de détente, la station de vacances se transforme ainsi, à chaque interaction, en un enclos abritant tous les jugements portant sur la légitimité de tel ou tel groupe à partager l’espace ou à seulement revendiquer cet espace d’abandon et de liberté. Sorte de moment de vérité, la nuit tombante exacerbe les mille et une procédures de mise à l’épreuve de la légitimité à s’élever au rang de plaisancier légitime.



Dès la nuit tombante, en saison, les stations balnéaires du littoral méditerranéen prennent en effet une nouvelle dimension. Elles deviennent la scène d’une grande animation, véritable festival de loisirs de consommation. Une fois quittés les derniers lieux de stationnement possibles, on entre dans la fête, on entre au cœur de l’été, de la nuit et des vacances. On est au centre-plage, là où tout se passe, là où tout le monde vient, là où il y a les bars et les boîtes, la lumière et la musique, là où il y a la foule surtout.



Au fur et à mesure que la nuit progresse, les familles repartent vers leurs campements ou locations. Ne restent alors que les « jeunes », ceux qui occupent la nuit, assistent aux spectacles, participent à des karaokés, vont en boîte, consomment et s’amusent. Parmi eux, il y a les habitués de lieux qui leur sont fétiches ou au contraire ceux qui papillonnent d’un lieu à l’autre, voire d’une station à l’autre, à la recherche de nouvelles ambiances, de nouvelles rencontres, de nouvelles sensations, de nouveaux plaisirs.



En marge des animations officielles se développe alors ce qu’on pourrait appeler le festival off. Festival est le mot qui convient parce c’est véritablement une démonstration à laquelle on assiste, pour peu qu’on puisse, ou qu’on veuille, se situer en observateur. Off est aussi le mot, parce que tout cela se déroule en marge, et même en opposition aux festivités officielles.



Petit à petit, les seuls à rester dans la rue, à errer et à rôder, sont ceux qui en raison de leur apparence ne peuvent rentrer dans les boîtes de nuit, cœurs battants des nuits balnéaires. Certains se replient sur les bancs, fatalistes, en attendant le jour. D’autres ne se résignent pas et tentent une énième fois leur chance. On tente d’abord seul ou à deux, en se fondant dans une file d’attente. On revient un peu plus tard à quelques-uns, pas trop nombreux pour ne pas affoler, mais suffisamment pour entamer une négociation musclée qui a toutes les chances de dégénérer. Chaque restaurant, chaque café, chaque boite de nuit a bien sûr son style propre qui en fait un lieu unique. La personnalité du videur est à elle seule déterminante de l’ambiance qui règne à l’entrée de la boîte. D’un soir à l’autre, selon les incidents qu’il y a eu dans la rue ou à l’intérieur de la boîte, l’attitude des uns et des autres peut varier considérablement. Nul ne saurait de ce fait établir une comptabilité stricte affirmant que tel pourcentage de jeunes de telle catégorie se voit refoulé des établissements de nuit. Un tel pourcentage ne prendrait de toute façon pas en compte tous ceux qui n’essayent même plus de rentrer et doivent pourtant être pris en compte dans le total des exclus de ce type de loisirs.



D’une manière générale, nous avons pu établir sans conteste que les jeunes banlieusards sont acceptés sans difficulté dans toutes les transactions marchandes qui mettent à disposition des biens et services dont la jouissance ne les met pas en contact immédiat avec des tiers (locations de scooters, voire d’appartements…). Ils sont en revanche soigneusement tenus à l’écart de tous ces biens et services qui offrent (de manière principale ou secondaire) une sociabilité avec des tiers, notamment lorsque cette sociabilité met en jeu l’exposition des corps physiques (boîtes de nuit, campings avec piscines…).

Nos observations ont ainsi relevé que quiconque verse en espèces le montant de la caution et règle d’avance le montant de la location chez un loueur de scooters ne rencontre aucun problème. La méfiance et les traitements différenciés d’un type de client à l’autre n’interviennent que lorsque les règlements doivent se faire par chèque, traitements différenciés justifiés par le loueur sous couvert d’expérience…



La fréquentation des supérettes est plus délicate, où le stationnement des clients et certains types de produits, dans les esprits de chacun, et dans des faits bien fréquents, appellent le vol. Si certains commerçants que nous avons interrogés désignent avec philosophie toutes les catégories de clientèle, sans distinction d’origine ou de génération, une grande majorité suspecte d’emblée et dans bien des cas surveille de près de façon désobligeante les jeunes banlieusards.



Nous avons dit le rôle central du corps comme variable masquée des transactions. Il est plus facile aux jeunes des cités de louer des emplacements dans les campings que dans les campings pourvus de piscines. Et c’est cette même opprobre des corps aux allures d’ailleurs qui fait que l’accès aux locations d’appartement, où les existences se dérobent aux regards, est plus aisé que la simple location d’espaces en campings. La visibilité, donc la gêne pour le voisin, y est moindre, et l’attitude du loueur plus souple. L’explication qui nous a été avancée est la suivante : les appartements d’un même immeuble sont loués par des agents immobiliers différents. Le souci de ces derniers est purement mercantile : louer à tout prix, alors que les appartements ou studios ne correspondent plus forcément aux attentes de la clientèle. Face à une demande défaillante, le loueur cédera à des jeunes banlieusards, se disant que sa responsabilité « morale » en sera d’autant plus atténuée que sa boutique sera éloignée de l’immeuble.



De son côté, le gérant de camping, toujours physiquement présent sur place, sera forcément soumis aux récriminations permanentes de ses clients, sans avoir l’échappatoire de dire que ce n’est pas de son fait si des clients inconvenants ont été admis dans le camping. C’est également lui directement qui subira les conséquences du départ inopiné de sa clientèle traditionnelle exaspérée. C’est pour ces raisons que des procédures de filtrage plus ou moins élaborées sont mises en place dans les campings. La plupart du temps, elles se limitent à la surveillance de la provenance géographique et des dates de naissance des candidats au séjour : par exemple, les moins de 25 ans en provenance de Seine-Saint-Denis sont éliminés d’office… Dans certains cas, une photocopie de la carte d’identité de chacun des membres du groupe est demandée pour que soit prise en compte la réservation ; les jeunes banlieusards, en effet, avaient pris la finaude habitude de n’envoyer la photocopie que d’une seule carte d’identité, celle du responsable du groupe, au nom à consonance typiquement française… Nous avons même observé un cas où le gérant avait fait réaliser une affiche placardée dans le local d’accueil de son camping qui lui servait à prétendre, lorsque des clients indésirables se présentaient à lui pendant la saison, que ce site était réservé aux membres d’un club de vacances privé…



Le « délit de faciès » n’explique pas tout, à lui seul. Certains comportements et pratiques sociales colportés par certains jeunes sont génératrices de tensions, plus ou moins directes, plus ou moins généralisées, dont voici deux exemples.



La façon qu’ont souvent les jeunes banlieusards d’aborder les femmes provoque de nombreuses réactions. Que l’on s’insurge contre leur vulgarité ou que l’on redoute leur concurrence, leur intrusion dans l’arène de la drague estivale est redoutée et férocement rejetée. Cela n’est pas nouveau : l’été est attendu par tous les jeunes comme « saison des amours ». Un grand nombre de couples de jeunes habitants permanents des stations et de leurs alentours se séparent à l’approche des vacances pour se rendre plus disponibles à établir une relation avec les jeunes estivants et estivantes, qu’ils viennent de Paris, de Hollande ou de Suède… Mais voilà ! Les Hollandaises et les Allemandes tant attendues attirent également les gaillards de banlieues qui ne s’embarrassent pas de longs préliminaires avant de proposer les avantages de leur virilité. Pour comble, ils déboulent sur le « marché de la drague » sans « monnaie d’échange » puisque les membres féminins de leurs groupes sont restés dans leurs banlieues, sauf exceptions bien protégées et gardées, inaccessibles. Force est de constater que si souvent leurs manières de faire sont perçues défavorablement parce que jugées vulgaires ou tout du moins par trop dénuées de romantisme. Il y a aussi de nombreux cas où ces mêmes manières sont au contraire perçues comme attrayantes et provoquent donc non seulement des jalousies, mais aussi un déséquilibre dans l’offre et la demande. C’est ainsi que non seulement certaines de ces Hollandaises ou Allemandes attirent les banlieusards, mais elles-mêmes sont attirées : quitte à passer de bons moments avec des méridionaux, elles les préfèrent vraiment bronzés et vraiment machistes. De plus, lesdits méridionaux assurent généralement très bien l’approvisionnement en haschisch, ce qui n’est pas négligeable.



Le deuxième exemple, objet de discorde objective avec les autres groupes sociaux en présence, moins généralisé mais dont les enjeux sont beaucoup plus importants au point de donner lieu à de vives bagarres et parfois des échanges de coups de couteaux, est justement le marché du shit sur lequel interviennent aussi les jeunes banlieusards. Ces derniers brisent ainsi le monopole des dealers locaux et introduisent encore une fois une concurrence déloyale avec la vente de shit venu de Hollande beaucoup plus apprécié des amateurs que celui, plus commun sur le secteur, venu du Maroc par l’Espagne. Sur ce créneau, leur suprématie est incontestable, résultat de meilleures techniques de vente, d’approvisionnement en produits mieux cotés, d’une sécurité mieux assurée pour le vendeur par un réseau de rabatteurs et de veilleurs aguerris prêts à intervenir…



Cela renforce le délit de présence et la condamnation par l’opinion publique pour délinquance dans un contexte où, par ailleurs, les forces de l’ordre sont accusées de vouloir tuer l’économie touristique lorsqu’elles procèdent à des contrôles d’alcoolémie à la sortie des boîtes de nuit ou quand elles combattent le travail au noir, toutes choses socialement admises dans les stations touristiques.



Face à cette situation de rejet social, les jeunes banlieusards réagissent différemment selon la catégorie de jeunes à laquelle ils appartiennent. Parfois ils continuent d’errer désespérément ou au contraire sont excités par l’opprobre et la ségrégation dont ils se sentent victimes. Dans d’autres cas, ils réagissent plutôt avec morgue, dédain, agressivité et violence face à celles et ceux qu’ils considèrent à leur tour comme des ploucs un peu arriérés et incapables d’apprécier à leur juste valeur ce qu’ils sont : la jeunesse et l’élite en devenir de la civilisation créatrices des mouvements culturels et initiatrices de nouveaux modes de vie. Concomitamment à la relégation dont ils sont l’objet, ils sont tout autant conscients et persuadés d’être les forces vives de la centralité sociétale et territoriale à venir, eux les enfants du béton, par opposition aux habitants de la forêt comme ils qualifient les habitants de la province.



Les tensions sociales estivales sont donc aussi le signe de l’incompréhension qui se développe entre toutes celles et tous ceux qui, sûrs de leur jugement, considèrent que le sauvage, c’est l’autre.

Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales.

Repères

Howard Becker, Outsiders, Métailié, 1985.
Renaud Dulong et Patricia Paperman, La réputation des cités HLM, L’Harmattan, 1992.
Erving Goffman, La mise en scène de la vie quotidienne, Minuit, 1992.
Paul Mignon, Sous la plage, les pavés, Trabucaire, Canet en Roussillon, 2000.
Laurent Mucchielli et Philippe Robert (dir), Etat des savoirs sur l’insécurité et la délinquance, La découverte, Paris, 2002.

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